mep paysage-duvall.indd

jacquesduvall2

JACQUES DUVALL
« En 2006, Jacques Duvall prend un train pour Liège. Le parolier historique de Lio, Alain Chamfort, Kim Fowley (et tant d’autres) vient de répondre à l’appel de Benjamin Schoos, directeur du jeune label Freaksville, qui lui a envoyé quelques jours plus tôt neuf démos sur une clef USB aux allures de détonateur. Disons le : c’est un retour aux sources pour l’expert en désespoir. Au fond du trou depuis sa naissance, le grand Jacques saisit l’occasion de coucher ses idées noires sur du papier blanc, et le résultat se nomme « Hantises », premier album de la légende Freaksville édité pour la première fois, dix ans plus tard, en vinyle.

Ayant trempé ses doigts dans la chanson française pendant deux décennies, le punk wallon signe ici neuf textes séchés sur la corde à linge, avec épingles à nourrice de rigueur. De son adolescence Sex Pistols qui sent bon le 45t et les journées à écumer les bacs à l’Open Market de Marc Zermati, Duvall tire la sève de cet album talkover où l’on entend autant le Gainsbourg de « L’homme à tête de chou » que les guitares de Marc Bolan. Il y a la Belgique natale et cette incapacité à la placer sur une carte, le rock de l’enfance et l’ombre des rockeurs glam (Lou Reed, Alain Z. Kan) planqués derrière la désabusion de morceaux commeIl doit y avoir un truc ou Bloody Mary. Un révolver à neuf coups qui permet au cowboy de viser à la belge ; c’est à dire à la fois complètement à côté et parfaitement dedans.

Accompagné par le mystérieux collectif Phantom, Jacques Duvall trouvait en 2006, à l’approche dangereuse de la soixantaine, la fontaine de Jouvence au parfum caide. « Hantises » signera son retour sur le devant de scène ainsi que le début d’une trilogie rock avec « Phantom feat Lio » et « Phantom feat Marie France ». Et celui jusque là planqué dans l’ombre des autres se réconciliera avec une génération de gamins fascinés par le Velvet grâce à cet album idéal pour la roulette russe. Madeleine de Proust trempée dans le Picon bière, blues jusqu’à l’os et « anxiogène » (comme disent les publicitaires », un petit bijou de cynisme qui s’écoute encore aujourd’hui comme un contrepoint au bonheur. La seule hantise, finalement, aurait été que ce disque rock ne retrouve pas son format de prédilection. Voilà chose faite. Le monde, désormais, peut vraiment sauter. »  BESTER

Sortie vinyle de Hantises le 14 Octobre 2016(Freaksville Records / La Baleine).

Jacques Duvall en concert le 25 Novembre chez Madame Arthur (Paris 18ème) avec Marie-France.

crédits photos (c) P.Schyns – Sofam Tous droits réservés.